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En termes de prévention, il est important de pouvoir repérer suffisamment tôt la personne ayant une
consommation excessive, à risque. Cette consommation excessive ne se traduit pas nécessairement par des
symptômes ; et lorsque ces troubles sont présents, certains patients n’établissent pas forcément la relation avec
l’alcool. Ce repérage précoce permet ensuite de proposer un accompagnement dans une démarche
de réduction de la consommation. Des outils d’analyse de la consommation ont été conçus pour faciliter
le repérage des consommateurs à risque. Les plus utilisés sont les questionnaires AUDIT, DETA et FACE.
- Le questionnaire AUDIT
("Alcohol use disorders indentification test"), en 10 questions, interroge la consommation d’alcool de l’année écoulée (recommandé par l’OMS). A remplir par le patient.
- Le questionnaire DETA
Permet en 4 questions simples de dépister une consommation d’alcool à problèmes. (Les initiales DETA sont celles des mots clefs de ces questions : diminuer, entourage, trop, alcool).
- Le questionnaire FACE
(« Formule pour approcher la consommation d’alcool par entretien ») en 5 questions, permet de classer les patients selon un risque faible ou nul, une consommation excessive probable, une dépendance probable. A remplir au cours d’une relation face-à-face.
 | | | QUESTIONNAIRE FACE | |  |
| 1 – A quelle fréquence consommez-vous des boissons contenant de l’alcool ? |
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Jamais |
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0 |
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Une fois par mois au moins |
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1 |
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Deux à quatre fois par mois |
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2 |
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Deux à quatre fois par semaine |
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3 |
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Quatre fois par semaine ou plus |
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4 |
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| 2 – Combien de verres standards buvez-vous les jours où vous buvez de l’alcool ? |
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1 ou 2 |
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0 |
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3 ou 4 |
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1 |
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5 ou 6 |
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2 |
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7 à 9 |
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3 |
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10 ou plus |
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4 |
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| 3 – Votre entourage vous a-t-il fait des remarques concernant votre consommation d’alcool ? |
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Non |
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0 |
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|
Oui |
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4 |
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| 4 – Vous est-il arrivé de consommer de l’alcool le matin pour vous sentir en forme ? |
|
Non |
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0 |
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|
Oui |
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4 |
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| 5 – Vous est-il arrivé de boire et de ne plus vous souvenir le matin de ce vous avez pu dire ou faire ? |
|
Non |
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0 |
|
|
Oui |
|
4 |
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Score total : ____
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Interprétation des résultats du questionnaire FACE
| Hommes |
Femmes |
| Score inférieur à 5 : |
risque faible ou nul |
Score inférieur à 4 : |
risque faible ou nul |
| Score de 5 à 8 : |
consommation excessive probable |
Score de 4 à 8 : |
consommation excessive probable |
| Score supérieur à 8 : |
dépendance probable |
Score supérieur à 8 : |
dépendance probable |
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|  |
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Dès lors que la consommation excessive est repérée, l’intervention prend la forme d’une « intervention
brève », centrée sur le patient, qui repose sur des principes d’écoute, d’empathie, d’absence de confrontation.
Il s’agit de :
- faire entrer l’alcool dans les thèmes dont on parle « naturellement » pendant la consultation, sans qu’un jugement de valeur soit porté sur le comportement et les choix du patient ;
- proposer au patient d’évaluer sa consommation (en l’aidant à faire le point) et de la situer à l’égard des seuils de risque ;
- susciter son désir de changement et l’accompagner dans sa démarche.
L’efficacité du repérage précoce et de l’intervention brève (RPIB) a fait l’objet de plusieurs études aux
Etats-Unis et en France. |
 | | | LE RPIB PEUT ÊTRE UTILISÉ DE FAÇON OPPORTUNISTE : | |  |
- Dans certaines situations, en présence de certains signes fonctionnels.
- Dans le cadre d’une campagne de sensibilisation. La présence d’affichettes, de dépliants dans la salle d’attente signale l’intérêt que le médecin porte à la question alcool et encourage les patients à aborder la question.
- A l’occasion d’une première consultation : la consommation d’alcool peut être une donnée « naturelle » recueillie auprès de tout nouveau patient, au même titre que la consommation de tabac, de médicaments, les antécédents personnels et familiaux, l’hygiène de vie et les facteurs de risque. Cette donnée doit pouvoir être retrouvée dans le dossier médical.
- A l’occasion d’une grossesse (en parler systématiquement).
- A l’occasion d’une prescription de médicaments.
 | | | LE RPIB PEUT ÊTRE UTILISÉ DE FAÇON SYSTÉMATIQUE : | |  |
Elle consiste à faire le point régulièrement sur la consommation d’alcool afin de repérer et d’évaluer un
niveau de risque.
- Les examens clinique et surtout biologique représentent un levier pour rechercher les répercussions sur la santé de la consommation d’alcool. Le recours aux dosages (VGM, triglycérides et gamma GT, CDT) permet de soulever le problème de la consommation d’alcool, sans jamais l’affirmer de façon péremptoire.
- Un test d’abstinence peut être proposé au patient. Si l’abstinence n’a pu être obtenue pendant une semaine, c’est que la personne est dépendante
VGM et gGT sont des marqueurs peu sensibles et surtout peu spécifiques de la consommation d'alcool. Ils doivent néanmoins faire poser la question de la consommation excessive d'alcool s'ils sont positifs. L’interprétation doit intégrer le contexte clinique. La CDT (carbohydrate deficient transferrine) est plus performante pour confirmer une impression clinique ou le caractère effectif d'un sevrage (sensibilité de 65 à 95 % et spécificité à 95 %) et « reflète » la consommation cumulée au cours des quatre dernières semaines environ. C'est en quelque sorte l'équivalent en matière d'alcool de l' « hémoglobine glycosylée » pour le diabète. L’examen codé B100 est remboursé lorsqu’il est prescrit par le médecin traitant.
- La dépendance change radicalement la stratégie. Contrairement au consommateur excessif qui paraît pouvoir évaluer sa consommation, le patient alcoolo dépendant, souvent dans une posture défensive de type déni, indiquera une consommation en décalage avec la réalité. Si le médecin peut se contenter de conseiller au consommateur excessif de réduire sa consommation, l’alcoolo dépendant devra s’orienter vers un sevrage complet. Le désir de se sevrer ne peut venir que du patient lui-même, et certaines personnes mûrissent cette décision pendant des années. Une fois le sevrage décidé, celui-ci peut être réalisé en ambulatoire chez les patients pas ou peu dépendants physiquement. Il est alors essentiel de soutenir le patient, lui donner confiance en lui, l’aider à restaurer son image souvent dévalorisée. Ce suivi peut être assuré par le médecin traitant éventuellement en lien avec l’équipe d’un centre d’alcoologie ou d’un service hospitalier. Le risque de rechute est important. C’est pourquoi il faut en avertir les patients et leur proposer de s’inscrire dans des associations d’anciens buveurs, des groupes de parole et ateliers mis en place au sein des centres d’alcoologie, lieux où ils pourront se sentir soutenus
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